Bon, les kikicupeuses, je vous ai fait un poème. Je voulais vous en faire un rigolo sur la coupe et puis finalement ce n'est pas ça qui m'est venu!
Suite aux messages du sujet "jeune et déjà séduite par la coupe..." (si mes souvenirs sont bons), qui parlent des réactions des gens et des taboos qui persistent ça m'a fichu un peu le bourdon. Alors voilà , elle n'est pas drôle finalement, mais elle est dédiée à tous ceux qui font "beurrkkk c'est dégeu" et qui n'ont même pas l'obligeance de finir leur mot! Pour tous ceux qui ricannent, pour tous ceux qui ne veulent pas de femmes dans les caves parce qu'elles font tourner le vin, pour tous ceux qui considèrent la femme impure ainsi que tout ce qu'elle touche à cette période là ...
Mais ce n'est pas une poésie adressée à un homme (m'a soeur a trouvé la vision de l'homme négative), c'est une poésie adressée au genre humain, dans son ensemble, qui peut faire l'éloge de la guerre et de ses soldats, montrer des litres et des litres de sang à la télé, soit aux actualités ou soit dans les films et même les dessins animés, mais qui détourne les yeux sur le sang des femmes qui, lui, donne la vie. Qu'a-t-il de si dégoutant alors que nous nageons dans l'hémoglobine au quotidien.
C'est pour aussi toute les sociétés (je pense quasi toute) où l'homme sensible est considéré comme faible. Et la notre en fait partie. Nous élevons toujours nos fils pour qu'ils soient durs, nous les nourrissons de dessins animés de combats. Encore dans les cours d'école les petits garçons refusent de donner la mains aux filles (pas plus tard qu'hier).
Parce que globalement, dans l'espèce humaine, l'homme est quand même plus prompt à se taper sur la gueule, qu'à s'embrasser. Les coups de gueule sortent en plein jour, les tendresses restent au foyer.
Et puis parce que sans homme, je ne suis rien. Parce qu'ils sont ma raison de vivre et que si je n'ai pas de calin une semaine, c'est la déprime! Et parce que mine de rien, pour la plupart d'entre eux le sexe féminin reste à la fois un mystère, attirant, déroutant peut-être même effrayant et qu'ils peuvent se retrouver inquiet de leur capacité à nous donner du plaisir. Voili voila ne vous y trompez pas, j'aime les hommes de tout mon coeur.
(Je conseille d'ailleurs le dernier roman de Nancy Huston qui parle de sexualité et de religion).
Promis, la prochaine fois j'en fait une drôle.
Sang
Homme,
Je vois le dégoût
Qui marque ton visage.
Pourquoi détournes-tu
La tête quand tu vois
Que quelques gouttes rouges
S'attardent sur mes doigts,
Qu'il s'écoule à ma cuisse
Ce doux filet de soie?
Homme,
Pourquoi ai-je honte
Quand tu me vois ainsi?
Qu'ai-je fais pour subir
Ce profond désaveux,
Pour que tu ne veuilles plus
La douceur de mes bras?
Dois-je alors me cacher
Comme ce chien galeux?
Homme,
Dis-moi, par hasard,
Si ce sang sur mes mains
Est le sang d'un massacre?
Ai-je tué un humain,
Pour que dans ton regard
Se lise tant de mépris?
Est-ce d'avoir échoué
A faire naître l'enfant,
Quand toi tu en répands
Des millions sans compter?
Homme,
Pourquoi fuis-tu
Ma tendre compagnie
Pour répandre le sang
De tes frères par le monde?
Si ce sang est ici
Celui de la victoire,
Pourquoi considères-tu
Que le mien est immonde,
Quand il n'est pas issu
De la haine et la gloire?
Homme,
Tu t'entêtes, vers la mort,
A partir faire la guerre,
Quand bien même je m'offre
À toi! Mais il t'effraie,
Ce sang que je déverse,
Me rendant immortelle!
Car mon sang et ma chaire
Toujours me survivront,
Toi le simple mortel,
Tu préfères conjurer
Ton si funeste sort
En allant guerroyer.
Homme,
Vois comme mon sang
Ne tache pas mes doigts.
Dans l'eau, il disparaît,
Je reste les mains propres,
Quand le sang de tes frères
Toujours maculeras
Ton honneur blessant,
Ton habit militaire
Et mon amour pour toi!
Homme,
J'ose espérer qu'un jour
Tu sauras faire une force
Au lieu d'une faiblesse
De ta sensualité,
Ta douceur, ton adresse
A donner des caresses
De tes doigts délicats.
Lorsque tes mains se posent
Comme une fleur sur moi,
Je sais qu'au fond de toi
Tu es doux et aimant.
Fillette,
Regarde en ce miroir
Et vois comme tu es faites...
N'écoute pas huer
Ces corbeaux sur ta tête!
La nature t'a donné
Un présent si précieux
Qu'il se peut qu'il inquiète
Et semble pernicieux
A tout ceux qui ignorent
Que la vie est une fête.
Or, il ne tient qu'Ã nous
De faire du corps un art
Et vivre sans remord
Des moments délicieux.